Thibault Métraux : une saison de records malgré l’amertume olympique

Non sélectionné pour les Jeux olympiques de 2026, Thibault Métraux a pourtant signé l’une des meilleures saisons de sa carrière. Entre records suisses sur 5 000 m et 10 000 m, lucidité face à la déception et regard déjà tourné vers l’avenir, le patineur se confie sans détour.

Comment te sens-tu après l’annonce de la non-sélection pour les JO ?

Je dois avouer que ce n’était plus vraiment une surprise. Les courses qualificatives étaient terminées depuis un mois et je savais déjà, à leur issue, que je ne serais normalement pas pris. S’il devait y avoir des nouvelles, elles ne pouvaient que confirmer cette non-sélection.
Les fêtes ont été compliquées en termes d’entraînement : la motivation n’était pas vraiment au rendez-vous, en partie à cause de cette non-sélection, mais aussi à cause des études. Janvier rime avec examens, donc j’ai passé beaucoup de temps assis à travailler mes cours et les entraînements sont un peu passés à la trappe. C’était difficile pour moi, car j’ai constamment besoin de bouger… mais il faut aussi penser à assurer un après-carrière.

Quelle a été ta première réaction et quels sentiments dominent aujourd’hui ?

J’ai reçu la nouvelle directement du vice-président de Swiss Ice Skating, qui m’a appelé personnellement. J’ai beaucoup apprécié cette démarche, c’est toujours plus humain qu’un simple message.
J’étais déjà à Inzell pour la dernière Coupe du monde de la saison (mardi 20 janvier), et tout le monde ne parlait que de ça. Finalement, cela m’a plus touché que je ne l’imaginais. Le début de semaine a donc été assez compliqué, d’autant plus que ma condition physique était moyenne.
Petit à petit, j’ai repris mes marques, et le reste du groupe a aussi fait la part des choses en évitant de revenir sans cesse sur le sujet des Jeux avec moi.

Que représentent pour toi tes records suisses et tes performances en long track (5 000 m et 10 000 m) ?

Ces records suisses, c’est toujours quelque chose de très spécial. C’est un véritable accomplissement. Même si c’est « symbolique », cela reste une belle récompense. J’en détiens désormais deux : le record du 5 km et celui du 10 km.
Le record du 5 km appartenait à Livio Wenger depuis les dernières qualifications olympiques, donc améliorer cette marque de trois secondes est une performance magnifique.
Sur le 10 km, j’ai battu mon propre record vieux d’une année seulement. J’espérais encore mieux, mais c’est encourageant : cela signifie qu’il y a encore des secondes à aller chercher.
Je co-détiens également le record national en poursuite par équipe avec mes partenaires d’entraînement. C’est un record « cool », car il booste tout le groupe. Voir mon nom apparaître trois fois sur la page des records nationaux, ce n’est clairement pas désagréable !

Comment te projettes-tu pour le reste de la saison et tes objectifs à venir ?

La fin de saison sera assez légère, avec au maximum deux compétitions. Début mars, je devrais normalement participer aux Championnats du monde aux Pays-Bas. Normalement, car nous n’avons qu’une place chez les hommes suisses. Livio a la priorité, mais il sortira d’un mois intense aux Jeux et devrait faire l’impasse.
Ce serait une belle opportunité pour conclure la saison de long track sur de bonnes performances.
Ensuite, le 21 mars, il y aura les Championnats suisses de short track à Malley, qui marqueront la dernière échéance de ma saison.
Mais avant tout cela, je vais prendre une à deux semaines pour moi, loin de la glace. La saison a été très intense, et je ressens le besoin de m’éloigner un peu de la patinoire pour profiter des autres activités hivernales que nos montagnes offrent.

Comment envisages-tu la suite de ta carrière et les prochains JO ?

C’est une question à la fois simple et complexe. Les deux prochaines saisons seront toujours partagées avec mes études, car je dois terminer mon bachelor. En revanche, les deux suivantes, celles qui mèneront aux Jeux de 2030, restent encore très ouvertes.
Après avoir manqué cette édition de si peu, je vais tout faire pour être sûr à 100 % d’y participer. J’ai déjà quelques propositions et idées en tête, notamment pour d’éventuels projets à l’étranger.
Une chose est certaine : je vais patiner jusqu’en 2030 avec pour objectif clair les Jeux olympiques.

Si tu pouvais adresser un message à tes supporters ou aux jeunes patineurs, que leur dirais-tu ?

Un immense merci à toutes les personnes qui me soutiennent et qui suivent mes résultats, de près ou de loin : la famille, les amis, et tous les autres.
Cela me fait toujours énormément plaisir de croiser des gens, d’échanger avec eux et de partager mes résultats ainsi que mon mode de vie assez particulier durant l’hiver.

Entretien : Charles-Henry Massy
Photos : Archives Thibault Métraux

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