T-lemark : la liberté au service du geste

À Gryon, Thomas Fiechter a fait du télémark bien plus qu’une simple technique de ski : une véritable philosophie du mouvement. À travers sa structure T-lemark, il défend une vision puriste et durable d’une discipline où le plaisir prime sur le chronomètre.

Pour comprendre l’essence de T-lemark, il faut d’abord saisir la singularité de son modèle. Dans un milieu souvent fragmenté, Thomas Fiechter a choisi de regrouper une école, un shop spécialisé et un club au sein d’une même entité. Cette approche « tout-en-un » répond à une nécessité pratique propre à cette discipline de niche, mais elle permet surtout d’offrir un conseil d’expert sur le matériel. Car si le télémark impressionne par sa gestuelle, il reste accessible : des skis de piste standards conviennent parfaitement, l’essentiel résidant dans le choix précis de la chaussure et de la fixation.

La philosophie du « talon libre »

Le slogan de la maison, « T’es fixé ? Moi pas ! », dépasse le simple trait d’esprit. Il définit une manière d’aborder la montagne avec moins de contraintes et une liberté de mouvement retrouvée. Pour Thomas Fiechter, le télémark est un retour à l’essentiel, loin de la recherche de performance pure qui s’est emparée du ski alpin moderne. Ce purisme l’amène d’ailleurs à porter un regard critique sur l’évolution de la discipline en compétition : selon lui, transformer le télémark en épreuve de slalom géant est un non-sens qui dénature la fluidité originelle du mouvement.

Cette quête de sens se traduit également dans les engagements de l’atelier. Chez T-lemark, la durabilité n’est pas un argument marketing mais une règle de conduite. L’accent est mis sur la seconde main et sur des produits conçus pour durer, à l’image des célèbres bâtons en bambou. Soucieux de son empreinte, le fondateur a d’ailleurs relocalisé le sourcing de ces derniers en Europe, délaissant les importations américaines pour privilégier la proximité.

Transmission et renouveau

L’aspect physique de la discipline, souvent perçu comme un obstacle par les néophytes, est rapidement relativisé par l’expérience du terrain. Avec une position de base rigoureuse et une répartition équilibrée du poids, la sensation de sécurité est immédiate. Certes, l’effort est réel, mais il s’accompagne d’un rapport différent au temps : « les pistes paraissent plus longues car on s’arrête plus souvent pour apprécier », s’amuse le fondateur.

Cette passion du geste n’est pas l’apanage des nostalgiques. La relève est bien présente, portée notamment par le « Worst Crew ». Créé il y a quinze ans par des jeunes de Gryon — dont le fils de Thomas — ce collectif dynamise la pratique à travers des événements comme le Telefest, prouvant que le télémark possède une identité communautaire forte et résolument moderne.

Vers une pratique sauvage

En guise de perspective, Thomas Fiechter se tourne vers le « backcountry ». Cette pratique, qui utilise des skis à écailles pour s’affranchir des peaux de phoque, représente pour lui l’aboutissement de sa démarche : une autonomie totale en pleine nature. C’est ici que le travail de T-lemark prend tout son sens, en accompagnant les skieurs vers une pratique plus sauvage, plus indépendante et, en fin de compte, plus libre.

Texte : Stéfanie Rossier

Photos : Archives T-lemark Thomas Fiechter

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