Il reste parfois, dans un tournant de vie, des souvenirs plus marquants que les médailles. Pour Emerick Sierro, ses premiers Jeux Paralympiques ne se racontent pas en chiffres, mais en sensations.
S’il ne devait garder qu’une seule image, ce serait celle du départ : en haut de la première pente, si raide qu’elle semble basculer dans le vide. Un instant suspendu, presque solitaire, où la nervosité ne pèse pas — elle devient moteur.
La tension
Il l’a ressentie intensément lors de sa première course. Électrique, nouvelle, elle envahissait tout son corps. Mais au fil des épreuves, il a appris à la maîtriser. Course après course, l’expérience a pris le dessus, et le trac s’est peu à peu atténué.
Ce qui l’a également frappé, au-delà de la piste, c’est l’ampleur de l’événement : la foule immense à l’arrivée, et une médiatisation qu’il n’avait jamais imaginée.
Puis, il y a le son.
S’il ne devait garder qu’un seul souvenir sonore, ce serait la clameur des supporters après la ligne d’arrivée. Une explosion de joie qui efface instantanément le silence du départ. Emerick le reconnaît : il a savouré chaque seconde de cette ambiance unique.

Passer de l’ombre des entraînements à la lumière des projecteurs a aussi été un apprentissage. Une autre forme de vertige, cette fois face aux regards, aux micros, à l’exposition médiatique.
Franchir un cap
Aujourd’hui, sa plus grande fierté ne réside pas seulement dans le chronomètre. Elle tient surtout au fait d’avoir franchi la ligne d’arrivée à chaque course. Dans un sport où la chute est fréquente, cette régularité devient une véritable signature.

De cette expérience, il ressort transformé, plus solide, avec une meilleure maîtrise de lui-même. Fier du chemin parcouru, il aborde désormais 2026 avec un regard élargi — porté par l’énergie et les voix de ceux qui, en bas de la pente, ont crié son nom.
Texte : Stéfanie Rossier
Photos:Gabriel Monnet/ Swiss Paralympic