À quatre ans, quand les enfants de son âge dessinent des camions de pompiers ou des fusées, Roméo Pralong répond déjà sans hésiter lorsqu’on l’interroge sur son avenir : « Hockeyeur professionnel. » Une évidence. Presque une obsession. Depuis ses premiers pas sur la glace de l’Ancien-Stand à Sion jusqu’à ses ambitions les plus élevées, le jeune Valaisan avance avec une conviction intacte : ses rêves méritent d’être poursuivis jusqu’au bout.
L’ivresse de l’apesanteur
Tout commence sur la glace de l’Ancien-Stand à Sion. Des débuts aussi poétiques que rudimentaires, agrippé à une caisse à vin sous le regard bienveillant de Charly Henzen. Chaque chute se transforme alors en glissade et chaque tentative se termine par un sourire.

Mais dès les premiers coups de patin, le déclic est immédiat. Sur la glace, le monde extérieur s’éteint. Roméo ne marche plus, il vole. Il ne glisse plus, il fuse. Une sensation d’apesanteur et de liberté absolue qu’aucun autre endroit ne semble pouvoir lui offrir.
« C’est comme si on flottait. On va plus vite et on ne pense plus à rien. C’est un sentiment que je ressens uniquement sur la glace. »
À Fribourg, apprendre la force du collectif
Quitter la maison à quinze ans, c’est accepter de grandir plus vite. C’est aussi débarquer à Fribourg, cette ville où le hockey occupe une place à part, où les couleurs de Gottéron s’affichent fièrement et où la BCF Arena vibre comme un cœur gigantesque.
Sous la direction de Sandy Jeannin, une leçon fondamentale s’impose rapidement : un joueur ne gagne rien tout seul. Le talent individuel n’est qu’une étincelle ; c’est le groupe qui peut réellement allumer le feu.
Roméo intègre cette exigence, apprend à se mettre au service du collectif et découvre les sacrifices nécessaires pour progresser au plus haut niveau. Le travail porte ses fruits avec une troisième place nationale en U18-Élites, puis le grand frisson des playoffs en U21-Élites.

« T’as beau être le meilleur joueur du monde, tu ne peux pas remporter un match à toi tout seul. Ensemble, on est meilleurs. »
L’instinct du conquérant
Certains recherchent le confort d’un environnement familier. Roméo, lui, rêve déjà de nouveaux horizons. Réunir sa passion du hockey et son goût du voyage représenterait pour lui le défi idéal.
Partir à l’étranger, loin de ses repères valaisans, ne serait pas une fuite, mais une nouvelle étape dans sa construction. Il connaît déjà la valeur du déracinement et tout ce qu’il peut apporter. Découvrir une autre culture, apprendre une nouvelle manière de jouer et affronter l’inconnu lui permettraient de grandir autant comme hockeyeur que comme homme.
Des rêves à transformer en objectifs
Aujourd’hui, Roméo garde les yeux rivés vers les sommets : décrocher un premier contrat professionnel, porter un jour le maillot à croix blanche et conserver, tout au bout de ses rêves, les lumières de la NHL.
Certains parleraient d’utopies d’enfant. Lui préfère y voir un engagement pris envers lui-même : adopter une hygiène de vie irréprochable, conserver une envie insatiable à chaque entraînement et ne jamais renoncer lorsque le chemin se complique.

Car, au fond, l’histoire de Roméo Pralong dépasse largement le cadre d’un tableau d’affichage. C’est celle d’un enfant de Sion qui s’est agrippé à une caisse à vin un matin d’hiver et qui, depuis ce jour, n’a jamais cessé de regarder vers le haut.
Lorsque le bruit de la patinoire s’estompe et que le froid lui pique le visage, la promesse reste intacte. Le petit garçon avait juré qu’un jour, il volerait sur la glace. Désormais, c’est au jeune homme de donner à ce rêve la force de devenir réalité.
Texte : Alexandra Grondin
Photos : @Massimo Assuti
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