Plus qu’un sport, une famille : à Buttikon, les combattants valaisans font bloc

Derrière la rigueur des entraînements, la sueur et l’intensité des combats, il y a surtout des histoires humaines, de passion et de solidarité. 

À l’occasion de la dernière manche qualificative pour les Championnats suisses de Sanda et Qingda organisée à Buttikon, dans le canton de Schwyz, la délégation valaisanne a montré que la force d’une équipe ne se mesure pas uniquement sur une aire de combat.

Seuls représentants du canton engagés dans cette étape décisive, les athlètes valaisans de l’équipe nationale suisse de Boxe Libre et de BRICPOL ont défendu leurs chances avec détermination. Mais au-delà des résultats, c’est surtout l’esprit d’un groupe et l’union de deux clubs qui ont marqué ce déplacement.

L’union de deux clubs pour faire grandir la jeunesse

La plus belle réussite de cette aventure ne se mesure pas seulement au temps passé sur le tapis. Elle se trouve également sur le banc des entraîneurs.

Pour accompagner ce groupe vers le haut niveau, deux figures passionnées de la région ont choisi d’unir leurs compétences : le Head Coach Marco Garcia Gonneau, du Black Belt Institute de Saxon, et Shifu Denise Sulca, du Cinquième Tigre de Saillon.

Deux structures, deux approches, mais une même volonté.

L’une s’inscrit davantage dans la modernité des sports de combat, l’autre puise ses racines dans la tradition des arts martiaux. À Buttikon, ces différences n’ont pas constitué une frontière, mais une richesse.

Les deux écoles partagent une conviction : les arts martiaux ne doivent pas diviser. Ils peuvent au contraire devenir un formidable outil de transmission, de respect et de partage, particulièrement auprès des plus jeunes.

Cette philosophie se retrouve jusque dans l’encadrement des combattants. La performance compte, évidemment, mais jamais au détriment de leur sécurité et de leur épanouissement.

Et les entraîneurs peuvent rentrer en Valais avec une satisfaction qui dépasse les résultats : tout le groupe revient en bonne santé, sans blessure et avec le sourire.

Rémi Copleux, Dion Asani, Riad Shala, Leon Salijevic, Nassim Karaa, Saliou Diallo ainsi que les deux plus jeunes, Noé Garcia et Junior Marco Garcia, ont tous apporté leur pierre à cette aventure collective.

Le Sanda, bien plus que des pieds et des poings

C’est dans cette atmosphère de confiance que ces combattants évoluent en Sanda.

Également appelée boxe chinoise, cette discipline issue du wushu — terme regroupant les arts martiaux chinois — associe les techniques de pieds-poings aux projections et aux balayages.

Pour quelqu’un qui la découvre, on pourrait presque la situer à la rencontre du kick-boxing et du judo : il faut savoir frapper, esquiver, anticiper, mais également déséquilibrer et projeter son adversaire.

Le spectacle peut être impressionnant. Pourtant, derrière chaque mouvement se cachent des heures de travail, de répétition et de maîtrise.

Chez les plus jeunes, l’ambiance des compétitions peut même rappeler les grands tournois popularisés par l’univers de Dragon Ball. À une différence essentielle près : ici, derrière le spectacle, il y a de vrais entraînements, des règles strictes et un profond respect de l’adversaire.

En route pour Berne : le Valais veut donner de la voix

Après trois manches qualificatives disputées au cours de la saison, le travail a payé.

Rémi Copleux, Dion Asani, Riad Shala, Leon Salijevic, Nassim Karaa, Saliou Diallo, Noé Garcia et Junior Marco Garcia ont tous obtenu leur qualification pour la grande finale des Championnats suisses, prévue les 28 et 29 novembre à Berne.

Une qualification collective qui ouvre maintenant un nouveau chapitre.

Car à l’échelle nationale, les Valaisans restent peu nombreux dans cette discipline. Et pour les plus jeunes particulièrement, entrer sur l’aire de combat dans une salle largement acquise à l’adversaire peut constituer une épreuve supplémentaire.

Quelques encouragements descendus des tribunes peuvent alors changer beaucoup de choses.

Une voix connue. Un « allez ! » lancé au bon moment. Quelques drapeaux valaisans. Et soudain, le combattant ne se sent plus tout à fait seul face à son adversaire.

C’est pourquoi l’équipe aimerait emmener avec elle une partie de son canton à Berne. Des places seront mises à disposition des supporters valaisans dans le bus officiel de l’équipe nationale.

Les personnes souhaitant faire le déplacement et venir encourager les combattants valaisans peuvent réserver leur place au 079 205 40 40.

Après avoir gagné leur billet sur l’aire de combat, les huit Valaisans auront donc une autre attente les 28 et 29 novembre : entendre leur canton derrière eux.

Ils seront peut-être minoritaires dans la salle.

Mais si le Valais monte dans le bus, il pourrait bien être difficile de ne pas l’entendre.

Texte : Stéfanie Rossier

Photos : @Sensei Denise Sulca

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