Du bleu du Lac Léman aux sommets escarpés des Rochers-de-Naye, la course Montreux–Les Rochers-de-Naye incarne à elle seule le défi alpin dans toute sa splendeur.
Pour sa 44e édition, cette épreuve emblématique continue d’écrire son histoire en mêlant tradition, exigence et nouveauté.
Tout commence en 1977, lorsqu’un groupe de passionnés décide de fonder le Club Athlétique de Montreux. L’année suivante, ils lancent une première course reliant Montreux aux Paccots. Avec ses 17 kilomètres exigeants, le tracé séduit rapidement les amateurs de défis. Mais après trois éditions, un obstacle de taille vient bouleverser les plans : la construction du “Toboggan”, liée au développement autoroutier entre Vaud et Fribourg, condamne une grande partie du parcours initial.

Départ de *La Classique »
Une course entre lac et montagne
Loin de renoncer, les organisateurs font preuve d’audace et imaginent un nouveau tracé : relier le lac aux Rochers-de-Naye. Le ton est donné. Avec ses 18,4 km et 1760 mètres de dénivelé positif, cette nouvelle version s’impose rapidement comme une classique du calendrier, notamment sous l’impulsion de Francis Brülhart.
Au fil des années, l’événement ne cesse d’évoluer. De nouvelles distances voient le jour, ouvrant la course à un public toujours plus large, des amateurs aux coureurs aguerris. Mais l’esprit d’innovation ne s’arrête pas là.
Dans un registre plus spectaculaire, une épreuve mêlant course à pied et parapente vient enrichir le programme. Après une montée chronométrée de 950 mètres de dénivelé positif depuis Caux, les participants s’élancent depuis les Rochers-de-Naye pour rejoindre Villeneuve par les airs, en passant par différentes balises. Une discipline à part, où endurance et précision du pilotage ne font qu’un.

Au-Dessus de Sautodoz
La nouveauté de cette 44e édition : le marathon
Cette année, un nouveau défi attend les plus téméraires : un marathon de 42 km et 3000 mètres de dénivelé positif.
Le parcours débute au bord du Lac Léman avant de s’élever progressivement vers les Rochers-de-Naye dans une ascension spectaculaire. S’ensuit un retour vallonné jusqu’au point de départ, alternant passages techniques et portions plus roulantes. Le tout dans un décor exceptionnel, entre lac et sommets alpins, où chaque foulée rappelle la singularité de cette épreuve.

Maude Mathys recorwoman de l’épreuve
Un tour d’horizon avec Jean-Luc Terrettaz président d’organisation
L’enfant de Montreux a repris les rênes de la course des mains de l’emblématique Francis Brülhart. Depuis, il insuffle une nouvelle énergie à cette épreuve mythique.
« D’une simple course de côte, elle est devenue au fil des ans un rendez-vous incontournable du calendrier des courses de montagne. Ces dernières années, plusieurs formats sont venus enrichir l’événement. Et en 2026, grande nouveauté : un marathon, avec départ et arrivée à la Place du Marché, pour faire vibrer le centre-ville. »

Le président Jean-Luc Terrettaz avec Saul Padua multiple vainqueur de la course
Pourquoi autant de nouvelles formules ?
« Lorsque j’ai repris la manifestation avec le comité en place, elle était un peu moribonde. Il fallait lui redonner un second souffle. Je m’étais fixé un objectif de cinq ans pour en refaire une référence des courses de montagne.
Année après année, nous avons lancé La Cadette, la Directissime, le Hike and Fly et aujourd’hui le Marathon. Cette nouvelle épreuve devrait nous permettre de pérenniser la course historique. »
Une 44e édition qui s’annonce prometteuse
Tous les indicateurs sont au vert.
À ce jour, près de 520 coureurs sont déjà inscrits, dont 120 pour le marathon (limité à 300 participants pour cette première édition). Un engouement qui confirme le potentiel de cette nouvelle formule.
Les organisateurs s’attendent à accueillir environ 1 000 participants sur l’ensemble des parcours.
Côté organisation, un comité directeur de 15 personnes et des chefs de secteur assurent le bon déroulement de l’événement. Environ 120 bénévoles sont mobilisés — et le recrutement se déroule sans difficultés.

Théodore Klein Champion de France de course de montagne
Et pour le reste ?
Il ne manque plus que le beau temps… mais ça, le président s’en occupera en temps voulu
Texte : Charles-Henry Massy
Photos : Jean-Marc Gallarotti