Ce week-end à Colmar, lors d’une épreuve particulièrement éprouvante du circuit européen réunissant plus de 200 tireuses, l’épéiste suisse Aurore Favre a décroché une magnifique 3ᵉ place. Mais pour qui s’intéresse à l’humain derrière le masque, ce résultat raconte bien plus qu’une simple ligne au palmarès.
À la sortie de la piste, pas d’euphorie excessive ni de regrets amers après la demi-finale. Ce qui domine chez la Valaisanne, c’est une joie pure et contagieuse : celle d’avoir pris du plaisir à tirer, de s’être sentie en harmonie avec son escrime tout au long de la journée.

Une histoire de famille et de fierté
Il faut dire que chez les Favre, l’escrime est une histoire de famille, un véritable héritage. Si porter un nom réputé a parfois pu peser, il est devenu au fil des ans un formidable moteur. Sur la piste, vêtue des couleurs valaisannes et suisses, et portant haut celles du Cercle d’escrime de Sierre — un club cher à son cœur et profondément ancré dans son parcours —, c’est cette fierté qui lui donne la force d’affronter le doute.
« Mon escrime, c’est une danse avec l’autre »
Sa vision du combat surprend et touche par sa poésie. Là où beaucoup ne voient que la confrontation physique, elle parle d’empathie : « Mon escrime, c’est une danse avec l’autre », confie-t-elle.
Au moment précis où l’arbitre lance l’assaut, elle ne calcule plus : elle cherche à ressentir son adversaire, à lire ses intentions pour épouser son rythme et frapper au juste instant.

Derrière la médaille, les sacrifices
Mais la vie d’une athlète de haut niveau en Suisse comporte aussi sa part d’ombre. Derrière la beauté du geste et les médailles se cache un quotidien exigeant : des études menées de front, des heures de travail qui s’accumulent et une fatigue chronique qui s’installe, jusqu’à faire souffler au moindre escalier l’athlète pourtant surentraînée.
Sans compter cette angoisse sourde de l’après-carrière, lorsqu’il faudra réinventer sa vie sur le marché du travail, à un âge où d’autres y sont déjà confortablement installés.
La beauté du chemin parcouru
Et pourtant, quel parcours !
Si l’on demandait à la petite Aurore de 8 ans ce qu’elle pense de cette 3ᵉ place européenne, elle hausserait sans doute les épaules avec l’insolence de l’enfance : « Boh ça va, c’est pas les Jeux Olympiques ! »
Mais aujourd’hui, l’athlète a grandi. Elle a compris que la magie ne réside pas seulement au sommet de la montagne, mais dans chaque pierre gravie sur le chemin.

À Colmar, Aurore Favre n’a pas seulement décroché une médaille : elle a rappelé à quel point la quête de la touche parfaite est belle quand elle est menée avec le cœur.
Texte : Stéfanie Rossier
Photos : Augusto Bizz et Pauline Brunner
Découvrez également nos articles consacrés à Noah Vaudan, la force collective d’un espoir helvétique vers Athènes et à la naissance de cette aventure des Interclubs féminins à Riddes.
Retrouvez régulièrement sur Planète-Sports les portraits, les reportages et les résultats du sport régional entre Vevey et Sierre.
Découvrez tous nos articles sur la page d’accueil de Planète-Sports.
Vous connaissez un jeune talent, un bénévole, un dirigeant ou une manifestation sportive qui mérite d’être mis en lumière ?
Contactez la rédaction de Planète-Sports : redaction@planete-sports.ch
Vous aimez nos portraits et nos reportages ? Soutenez Planète-Sports en devenant membre de notre association. https://planete-sports.ch/devenir-membre