À Martigny, ils pensaient venir marcher… ils sont repartis en sueur !

Un mercredi matin, 9 heures, devant le Stade d’Octodure à Martigny. Une petite dizaine de seniors attendent Émilie et Pascal, les instigateurs d’une initiative encore méconnue proposée par Pro Senectute Valais : le walking football. Du football en marchant ? Certains arrivent intrigués, d’autres franchement sceptiques. Une heure et demie plus tard, les doutes ont laissé place à la sueur, aux sourires et à une furieuse envie de recommencer.

Une femme et plusieurs hommes se sont donné rendez-vous ce mercredi matin pour découvrir une nouvelle activité adaptée aux seniors.

Pratiquer le football en marchant ? De prime abord, l’idée peut paraître un peu farfelue et surtout bien éloignée de la nature même du football.

Pascal, l’un des participants, venu de Grimentz et fort d’un long passé de footballeur et d’entraîneur de jeunes, ne cache d’ailleurs pas son interrogation :

« Qu’allons-nous découvrir ? Pour un footballeur, l’essence même du football, c’est de courir après un ballon, pas de marcher ! »

Il ne pensait pas si bien dire. Car sur le terrain, la réalité allait être tout autre.

Bouger, jouer et surtout partager

Revenons au début de cette aventure avec celle qui porte ce programme auprès de Pro Senectute Valais.

Émilie Theytaz, responsable Sport et Mouvement, explique comment l’idée est née :

« À Pro Senectute, nous avons beaucoup d’activités sportives de toutes sortes. Mais nous n’avons que très peu d’activités collectives pouvant se pratiquer aussi bien à l’extérieur qu’à l’intérieur. Nous voulons promouvoir la santé des seniors par le mouvement, mais l’aspect social et convivial est également très important pour nous. Le walking football entre exactement dans cette catégorie : c’est un jeu collectif, ludique, sans contact et qui peut aussi être mixte. »

À peine les explications terminées, les premières questions fusent.

Pourquoi marcher ? On ne va pas se fatiguer ! Jouer sur un petit terrain, est-ce vraiment attractif ? Et marcher, on peut très bien le faire sans ballon…

C’est alors que Pascal Boisset, l’entraîneur du jour, apporte son éclairage :

« Je ne peux pas vous dire que vous n’allez pas transpirer ! Vous verrez sur le terrain que la pratique du walking football va très vite apporter des réponses à toutes vos questions. C’est un jeu sans contact qui génère immédiatement des sourires et du jeu. Il n’y a aucune notion de performance. C’est simplement le plaisir de se retrouver autour d’un ballon et de se faire plaisir. »

Quelques règles simples et il est déjà temps de passer à la pratique.

« Les gars, on marche ! »

Après une brève présentation de chacun, le groupe dévoile un mélange plutôt savoureux : une basketteuse, un amateur de marche, quelques footballeurs de bon niveau et même un ancien joueur professionnel français.

Sur un terrain représentant environ le quart d’un terrain de football traditionnel, deux équipes de cinq prennent place.

Coup de sifflet.

Et très vite… la marche est oubliée !

« Les gars, on marche, c’est le but du jeu ! », rappelle Pascal Boisset dans un sourire.

Après cinq minutes d’adaptation, chacun commence pourtant à trouver ses marques. Le ballon circule de plus en plus vite d’un pied à l’autre. Certains ont davantage de peine à donner du rythme, d’autres retrouvent immédiatement leurs vieux réflexes, mais tous partagent la même envie : jouer.

Première pause. Les souffles sont déjà un peu plus courts et les commentaires fusent.

Anne-Françoise, la basketteuse, découvre que les jambes ne sont pas les seules à travailler :

« Il faut aussi faire travailler la tête pour que le placement soit bon et la passe parfaite. Ce n’est pas évident… mais je kiffe ! »

Jean-Daniel, qui n’est pas footballeur, commence lui aussi à se prendre au jeu :

« J’ai mis un peu de temps à m’adapter à tous ces footeux, mais maintenant je prends mon pied. Et c’est très convivial ! »

La marche, oui… mais la sueur aussi !

Deux mi-temps et plus d’une heure trente après le début de l’initiation, une chose saute aux yeux : personne ne regarde sa montre avec impatience.

Les visages sont rouges, les maillots ont pris un peu d’humidité et les sourires sont toujours là.

Anne-Françoise est la première à livrer son verdict :

« C’est assez physique. Lorsque l’on n’a pas d’expérience dans le football, les cinq premières minutes sont compliquées, mais grâce à des partenaires cool et sympas, on se prend vite au jeu. Je reviendrai avec un immense plaisir et je vais essayer d’attirer quelques dames pour leur faire découvrir un sport très ludique, convivial et plein de franche camaraderie. »

Franck, l’ancien joueur professionnel français, a lui aussi apprécié l’expérience :

« J’ai eu de très bonnes sensations. Il faut se faire à la marche et surtout travailler avec la tête, car c’est beaucoup un jeu de placement et d’adresse. Sur ce genre de terrain, le jeu de possession et les passes dans les pieds sont très différents du football sur un grand terrain où il faut courir. Mais l’essentiel, c’est qu’on a un peu transpiré, pris beaucoup de plaisir et partagé un bon moment avec des gens motivés. Si mon agenda professionnel me le permet, je reviendrai très volontiers. »

Jean-Daniel, passionné de hockey sur glace, arrive au débriefing en sueur :

« Mine de rien, c’est physique ! Il faut apprendre à ne pas courir et à marcher rapidement. C’est bien parce que cela ne fait pas seulement travailler les muscles, mais aussi la tête et le cerveau. Quand on a la chance de jouer aux côtés d’un ancien pro ou de bons joueurs, il faut simplement profiter du moment et prendre du plaisir. On se prend très vite au jeu et cela fait un bien monstre de pouvoir le faire dans la bonne humeur, l’amitié et la convivialité. »

« Je ne pensais pas qu’en marchant on pouvait transpirer autant »

Reste le verdict de Pascal, venu de Grimentz avec quelques interrogations et une solide expérience du football traditionnel.

A-t-il été convaincu ?

« C’est vraiment ce que j’attendais de ce sport : de la camaraderie, jouer au ballon sans contact, avec des règles très simples. Je suis convaincu, surpris en bien et motivé à continuer parce que cela me plaît beaucoup. Je suis surtout étonné : je ne pensais pas qu’en marchant on pouvait transpirer autant ! Si l’on veut bouger et participer au jeu, on ressent très vite une certaine fatigue. À partir de 60 ans, c’est exactement ce dont on a besoin. C’est du bonheur pour la santé. Si j’ai le temps et la possibilité, je serai là mercredi prochain ! »

Une première qui appelle déjà la suivante

Ce qui ressemblait au départ à une drôle d’idée — jouer au football sans courir — a donc rapidement trouvé ses adeptes.

Le walking football a réussi son premier pari à Martigny : faire bouger les corps, solliciter les têtes et, surtout, provoquer des rencontres.

Footballeur ou non, homme ou femme, chacun a trouvé sa place dans le jeu. Et au moment de quitter le Stade d’Octodure, le message des participants pourrait presque tenir en une seule phrase :

« Venez essayer avant de juger ! On marche, certes, mais on transpire, on joue, on rit et surtout… on partage un sacré bon moment. »

Et finalement, ce mercredi matin, le plus important n’était peut-être ni le score, ni les buts, ni même le ballon.

C’était simplement le plaisir d’être ensemble.

Un grand merci à Émilie Theytaz, responsable Sport et Mouvement à Pro Senectute Valais, pour cette initiative, ainsi qu’à Pascal Boisset, entraîneur du jour, pour cette première initiation. Un coup de chapeau également à Philippe Burki, véritable rassembleur de cette matinée, qui a activé son réseau pour réunir autour du ballon cette joyeuse équipe de pionniers. Sans oublier Jean-Pierre Burki et, bien sûr, tous les participants qui ont joué le jeu avec enthousiasme et bonne humeur.

Pour un contact : emilie.theytaz@vs.prosenectute.ch

Texte : Macha

Photos : Pro Senectute Emilie et Pascal

Découvrez également notre article consacré à Christine Suard et notre portrait de Lucas Darioli.

Retrouvez régulièrement sur Planète-Sports les portraits, les reportages et les résultats du sport régional entre Vevey et Sierre.
Découvrez tous nos articles sur la page d’accueil de Planète-Sports.

Vous connaissez un jeune talent, un bénévole, un dirigeant ou une manifestation sportive qui mérite d’être mis en lumière ?
Contactez la rédaction de Planète-Sports : redaction@planete-sports.ch

Vous aimez nos portraits et nos reportages ? Soutenez Planète-Sports en devenant membre de notre association.  https://planete-sports.ch/devenir-membre

Vous souhaitez devenir partenaire ?

Comment Nous Rejoindre ?

Si vous partagez notre passion pour le sport, notre engagement envers la jeunesse et nos valeurs, nous vous invitons à nous rejoindre. Vous pouvez devenir membre de notre association, bénévole, sponsor, ou simplement suivre nos activités et partager notre contenu sur les réseaux sociaux.

L’Association Planete-Sports est déterminée à faire une différence positive dans la vie des jeunes à travers le sport. Nous espérons que vous vous joindrez à nous dans cette aventure passionnante.